Résumé

  • Un tribunal allemand ne protège pas les droits à la liberté de religion, de réunion et d’expression.
  • La responsable de l’initiative « 40 jours pour la vie » prévoit de faire appel de la décision.

PFORZHEIM/KARLSRUHE (17 mai 2021).
« L’interdiction des rassemblements silencieux de prière à proximité d’une organisation d’avortement est maintenue ». C’est ce qu’indique la décision du tribunal allemand de Pforzheim le 12 mai, après avoir rejeté le recours du responsable d’une initiative de prière visant à faire lever les restrictions imposées à ses formes de rassemblement. La responsable du groupe « 40 jours pour la vie » de Pforzheim avait contesté l’interdiction en invoquant son droit à la liberté de religion, de réunion et d’expression. Aujourd’hui, il est interdit au groupe de se réunir pour prier pacifiquement à proximité de l’organisation d’avortement Pro Familia, filiale allemande de la Fédération internationale pour le planning familial, soit un groupe de pression mondial pro-avortement au chiffre d’affaire de plusieurs milliards de dollars.

« Chaque vie est précieuse et mérite d’être protégée. Je suis choqué que l’on nous empêche de soutenir par une prière les femmes vulnérables et leurs enfants à naître. Il est décourageant d’entendre que les autorités locales restreignent les veillées de prière silencieuses dans un lieu public. Notre société doit offrir un meilleur soutien aux mères en situation difficile. Ce sujet me touche vraiment à cœur, car j’ai soutenu de nombreuses femmes qui ont souffert de la perte d’un enfant. Il ne s’agit pas seulement de notre groupe de Pforzheim. Il s’agit de savoir si les zones d’interdiction de prières sont légales ou si la place publique permet encore l’expression d’opinions différentes. C’est pourquoi, nous voulons continuer à nous battre pour cette liberté », a déclaré Pavica Vojnović. Avec le soutien de l’organisation de défense des droits de l’homme ADF International, elle continuera de demander justice devant les tribunaux afin de rétablir ses droits fondamentaux tels que la liberté de religion, de réunion et d’expression.

Les veillées de prière pour les personnes vulnérables sont interdites dans certains espaces publics.

Pavica Vojnović, la responsable du groupe de prière, avait été choquée en 2019 d’apprendre que la municipalité locale avait soudainement refusé à leur groupe l’autorisation d’organiser des veillées près du centre de conseil pro-avortement. Deux fois par an, une vingtaine de personnes s’étaient réunies pour prier pour les femmes confrontées à l’avortement, et pour la vie de leurs enfants à naître. Les veillées ont eu lieu pendant 40 jours, en silence et de manière pacifique. Bien que Pavica ait demandé et obtenu toutes les autorisations nécessaires pour ses précédentes veillées, la municipalité leur a interdit de prier près de l’établissement ces deux dernières années. Pavica et son groupe n’ont pourtant empêché personne d’entrer dans le bâtiment et n’ont pas non plus bloqué la chaussée aux alentours.

La veillée de prière s’est déroulée de manière pacifique.

Lors du contrôle effectué par la police à la demande de Pro Familia, aucune violation de la loi n’a été constatée. Cependant, la direction du centre a demandé que la veillée soit déplacée à une certaine distance, voire interdite. « Nous regrettons la décision du tribunal, qui restreint la liberté d’expression, de réunion et de religion. Nous attendons toujours la motivation de la décision, mais il est évident que l’échec du recours ne permet pas d’affirmer la liberté d’expression, fondement de toute démocratie libre et équitable. Quel genre de société restreint la prière de femmes et d’enfants vulnérables ? En interdisant même une prière silencieuse près d’une organisation d’avortement, les autorités de Pforzheim ont dépassé ce qui pourrait être considéré comme raisonnable ou proportionné. Que l’on soit d’accord ou non avec le point de vue de Pavica sur le caractère sacré de la vie, chacun peut soutenir l’importance des droits fondamentaux de la liberté d’expression, de religion et de réunion », a déclaré Felix Böllmann, conseiller juridique d’ADF International.

La censure se développe en Europe.

La réduction au silence du message « pro-vie » est un problème récurrent dans toute l’Europe. Des mesures de censure émergent autour des centres d’avortement, la voix des étudiants pro-vie sur les campus universitaires est étouffée. ADF International plaide pour protéger le travail des volontaires pro-vie et des groupes de prière comme celui de Pavica.

ADF INTERNATIONAL FRANCE

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